Pierre Viens

Jocelyne Delage Retour au répertoire

Résumé

Pierre Viens, O.C., M.D., M.Sc, Ph.D, médecin de famille, est un humaniste, professeur-retraité de la faculté de Médecine de l’Université de Montréal [UdeM] et de la faculté de Médecine de l’Université Laval [UL], animateur rural et médecin de brousse en Afrique, spécialiste de médecine tropicale et de santé internationale, spécialiste de soins palliatifs et de l’aide médicale à mourir

Enfance

Né le 8 août 1937 à Montréal, au Québec, Pierre Viens est l’aîné d’une famille aisée de cinq enfants. Son père est médecin de campagne. Après son cours primaire à l’École François- Laflèche, tenue par les frères du Sacré-Cœur, il effectue son cours classique au Collège de Saint-Laurent de 1953 à 1962.

Formation

À l’UdeM, il termine un cours de médecine (1963) et une M.Sc. en microbiologie (1972) ; c’est de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, à Londres qu’il obtient son Ph.D. en parasitologie (1973). 

Il suit aussi les cours spéciaux sur les problèmes socio- économiques des pays en voie de développement à l’Institut de recherche et de formation en développement harmonisé [IRFED] de Paris (1963-1964), et un cours intensif sur la lèpre, au National Hansen’s Disease Center, à Carville, en Louisiane (1984).  

Carrière

Malgré sa vie privilégiée, Pierre Viens a comme souci premier le bien-être des autres. Déjà, en 1959, il interrompt son cours de médecine pendant un an pour s’immerger comme volontaire dans la communauté Emmaüs-Montréal ; il fonde, avec son collègue Serge Mongeau, Les chantiers de Montréal afin de venir en aide aux familles démunies des quartiers défavorisés de Montréal. Il met sur pied des équipes d’étudiants universitaires qui partagent sa philosophie.

En 1963, il quitte Montréal pour suivre une formation en développement international à l’IRFED, et devient ensuite responsable de l’animation rurale d’un groupe de 50 villages, en Côte d’Ivoire, pour le Centre de recherches pour le développement international [CRDI], France.

Dès 1965, on le retrouve médecin-chef à l’Hôpital rural de Tiébissou, en Côte d’Ivoire de 1965 à 1968 où il est responsable sanitaire d’une population d’environ 100 000 habitants. Il est l’initiateur et le conducteur de deux projets de recherche, soit une nouvelle technique pour le diagnostic de l’anguillulose ainsi qu’une enquête épidémiologique sur les parasitoses intestinales. De 1968 à 1970, il est médecin-chef du Secteur nord des Grandes endémies au Cameroun occidental.

En 1972, il revient comme professeur, au département de Microbiologie et Immunologie de l’UdeM et fonde la clinique de médecine tropicale de l’Hôtel-Dieu de Montréal dont il est chef de laboratoire et membre du service des Maladies infectieuses et parasitaires de 1972 à 1977.

Entre 1972 et 1987, il est appelé comme consultant international par l’ACDI, le CRDI, la Banque mondiale et le Fond d’équipement des Nations-Unies [FENU], l’UNICEF et la Banque africaine de développement. Il est membre-canadien du comité d’experts de l’Organisation mondiale de la santé [OMS] pour le Programme de contrôle de l’onchocercose de 1986 à 1989. Il siège aussi au CA de l’Institut Cardinal-Léger contre la lèpre.

Il quitte finalement Montréal pour œuvrer à l’Université Laval comme professeur titulaire au département de Médecine sociale et préventive de 1987 à 1998, où il prend la direction puis la présidence du CA du Centre de coopération internationale en santé et développement [CCISD, maintenant Santé-Monde]. Le CCISD gère les activités de coopération internationale de l’Université Laval, dont le Programme-SIDA dans 12 pays africains : les nombreux projets totaliseront plus de 75 millions $ et forceront le CCISD à se dissocier de l’UL en 1996 pour devenir un OSBL toujours actif.

En 1990, à la suite du décès par cancer de sa conjointe, il se retire progressivement de la santé internationale pour se réorienter en soins palliatifs, et exerce comme médecin-conseil à la Maison Michel-Sarrazin de Québec. Lorsque la loi québécoise sur les soins de fin de vie et l’aide médicale à mourir [AMM] entre en vigueur en décembre 2015, il quitte la Maison Michel-Sarrazin pour se consacrer à l’AMM comme médecin-prestataire pour le territoire du CIUSSSCN, et du comté de Portneuf où il habite. En juin 2025, il prodigue l’AMM à domicile à près de 300 personnes. Il est membre de la CAMAP-ACEPA [Association canadienne des évaluateurs et prestataires d’AMM] depuis 2016. En 2018, il fonde, gère et anime la Communauté de pratique AMM-Québec [CPAQ], un forum regroupant 250 médecins et infirmières praticiennes spécialisées prestataires actifs d’AMM.

Expertise en santé internationale

Responsable de la mission d’Évaluation et de redéfinition de l’approvisionnement en eau potable, République populaire du Bénin, ACDI. 1977

Responsable de la mission de faisabilité de la Construction et de l’équipement de dispensaires ruraux, en République centrafricaine, Fonds d’équipement des Nations unies [FENU]. 1979

Responsable du programme national d’Hydraulique rurale, Côte d’Ivoire, ACDI. 1977 à 1979

Responsable de la mission de faisabilité de l’Équipement de 130 centres de santé, République populaire d’Angola, FENU. 1981

Chef de la mission de formulation du programme d’Étude de la situation sanitaire et nutritionnelle, Mali et Niger, ACDI. 1983

Consultant médical pour le programme national de Contrôle de la lèpre. Institut Cardinal Léger contre la lèpre, Haïti. 1984-1989

Chef de la mission de faisabilité concernant la planification et le fonctionnement d’une École nationale de santé et du Laboratoire national de santé, Banque africaine de développement, République du Burundi. 1985

Chef de la mission d’identification des Structures de recherches biomédicales en Afrique de l’Ouest, CRDI 1986

Responsable de projets. Programmes nationaux de lutte contre le SIDA en Afrique francophone, ACDI et CCISD, Rwanda, Burundi, Zaïre, Sénégal. 1987-2005

Communication sociale

Entrevues

Radio-Canada : participation à plus de 30 émissions télévisuelles et plus de 30 émissions radiophoniques.

Radio-Québec : participation à 5 émissions de la série Nord-Sud.

Film

Les vacances de M. Hublot. Film drôle et éducatif des Productions Le Gauchet, à l’intention des voyageurs tropicaux.

Écriture

Pierre Viens, Brochure Voyager en santé sous les tropiques, des Éditions Le Caducée, 42 000 exemplaires en 10 tirages

Robert Richards, Emil Toma et Pierre Viens, Introduction à la parasitologie humaine, 1993

Pierre Viens, Les visages de laide médicale à mourir, PUL, 1re édition, 2017

Pierre Viens, Les visages de laide médicale à mourir, PUL, 2e édition, 2018

127 publications scientifiques et 64 communications, en plus d’un grand nombre d’études, de rapports et de documents reliés aux projets de coopération.

Vie personnelle

Pierre Viens est le père biologique de Rachel et Dominique, et le grand-père d’Elyssa et de Michael. Il est aussi le père adoptif de Mathieu et Marie-Catherine, et le grand-père d’Emmanuelle et de Charles. Il vit à Neuville avec sa conjointe Lise.

Prix et distinctions 

Ordre de la Pléïade, 2000

Officier de l’Ordre du Canada, 2006

Liens externes                                                   

Radio-Canada, 24 heures en 60 minutes, Anne-Marie Dussault, entrevue avec Pierre Viens et Jean-Pierre Ménard, « Les oubliés de l’aide à mourir », vidéo, 29 août 2016.